· Gaële Poncelet
L'artiste Rokia Traoré devient la marraine du Collectif des Parents Protecteurs de Belgique
De la médiatisation à l'invisibilisation : un appel à placer l'intérêt supérieur des enfants au centre du débat public.
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Le Collectif des Parents Protecteurs de Belgique (CPPB) est honoré d’annoncer que l’artiste malienne de renommée internationale Rokia Traoré devient la marraine officielle de l’association.
Au-delà de son immense carrière artistique, Rokia Traoré incarne aujourd’hui une réalité que connaissent de nombreux parents protecteurs : celle de voir une histoire familiale complexe réduite, dans l’espace public, à un récit binaire, où la sécurité et le bien-être des enfants disparaissent derrière les procédures et les slogans.
« Enlèvement d’enfant », « mère en fuite », « mandat d’arrêt » : depuis plusieurs années, la couverture médiatique de son histoire s’est trop souvent résumée à ces raccourcis. Pourtant, comme dans la majorité des dossiers accompagnés par le CPPB, la réalité matérielle et humaine est infiniment plus complexe.
Si sa fille est née en Belgique, elle est retournée vivre au Mali à l’âge de quatre mois et y a toujours eu son centre de vie. Les juridictions maliennes ont d’ailleurs été amenées à statuer sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale, et leur mère a continuellement cherché à préserver un cadre de vie stable face à des situations d’impasse.
Les avocats de l’artiste ont d’ailleurs tenu à rectifier officiellement les propos tenus dans la presse : lire leur communiqué.
Un symbole pour dépasser le cas particulier
Pour le CPPB, il ne s’agit ni de rejuger une affaire ni de se substituer aux institutions judiciaires. En revanche, l’histoire de Rokia Traoré illustre avec une force singulière le phénomène que le Collectif observe au quotidien : la simplification systématique du débat, opposant un « parent ravisseur » à un « parent victime », sans interroger le contexte, les violences alléguées, ni les décisions rendues dans les différents États.
Gaële Poncelet, cofondatrice et porte-parole du Collectif des Parents Protecteurs de Belgique, déclare :
« Rokia Traoré nous rejoint parce qu’elle connaît, dans sa chair, ce que vivent tant de parents protecteurs : être réduits à une étiquette pénale alors qu’ils tentent d’éviter le pire à leurs enfants. Son engagement dépasse son histoire personnelle. Il porte un message universel : une décision judiciaire ou un mandat d’arrêt ne résument jamais la réalité d’une famille, et la protection de l’enfance ne doit plus être l’angle mort des récits médiatiques. »
De son côté, Rokia Traoré explique :
« Accepter ce parrainage auprès du CPPB est pour moi un acte de responsabilité et de solidarité. Mon histoire a été racontée sans moi, à travers des titres réducteurs. Mais au-delà de mon nom, il y a des milliers de mères et de pères qui luttent dans l’ombre pour la sécurité de leurs enfants, dans le silence et la suspicion. Je me joins au Collectif pour porter la voix de celles et ceux qu’on n’écoute pas, et pour exiger que l’intérêt supérieur des enfants redevienne la seule véritable priorité. »
Plaider pour une responsabilité collective
À travers ce parrainage emblématique, le CPPB entend ouvrir un débat fondamental sur le traitement médiatique et institutionnel des affaires familiales sensibles. Un classement sans suite, une décision de garde ou un mandat d’arrêt ne permettent jamais, à eux seuls, de répondre à une seule question essentielle : les enfants sont-ils réellement en sécurité ? Le Collectif des Parents Protecteurs de Belgique appelle les médias, les décideurs et l’opinion publique à une approche plus nuancée, fondée sur la compréhension des mécanismes de violences intrafamiliales et le respect de la parole des enfants. La protection des enfants mérite mieux que des récits simplifiés.
Les prises de position publiques intervenues ces derniers jours démontrent combien la tentation de simplifier des dossiers familiaux complexes demeure forte, y compris dans le discours institutionnel. Le CPPB rappelle qu’aucune autorité publique ne devrait perdre de vue son devoir de neutralité ni réduire une affaire en cours à des lectures partielles qui occultent la seule question essentielle : les enfants sont-ils réellement en sécurité ?
À travers ce parrainage, le CPPB affirme sa volonté de replacer la protection de l’enfance au cœur des débats judiciaires, médiatiques et politiques. Une première action commune sera menée lors du concert de Rokia Traoré au festival Esperanzah! du 2 août 2026. Nous tenons à saluer le soutien public du festival à la chanteuse, qui dénonce le boycott dont elle est victime depuis plusieurs années.